Photojournaliste

Safran farang

En 2006, Emmanuel Ollivier, travailleur social à l’Armée du Salut de Paris, amoureux de l’Asie, s’octroie une année sabbatique pour devenir moine bouddhiste en Thaïlande. Apprenant par cœur les chants liturgiques en pali et les quelque 227 règles de vie immuables du bouddhisme theravada pratiqué au Pays du sourire, il se fait accepter dans un monastère de la région de Trang, dans le sud, suit rapidement les rites en tant que fidèle avant d’enfiler la robe safran et de devenir Phra Choti Waro (la lumière dans l’esprit). Durant l’année, il se déplace dans d’autres monastères, en Thaïlande, mais aussi au Laos et au Cambodge. Moi-même d’origine vietnamienne, né au Laos et vivant en France depuis l’âge de 2 ans, je l’ai accompagné sur plusieurs étapes de son parcours initiatique.

La série Safran Farang s’inscrit dans un ensemble beaucoup plus large, riche de plusieurs centaines de clichés rapportés à l’issue de cette année sabbatique passée dans une retraite spirituelle. Sur le mode du reportage, j’ai tenté de restituer le regard d’un Occidental (un Farang) immergé dans un monde qui l’accepte d’emblée, mais dont il ne saisit pas toujours toutes les règles. De la tournée du petit matin auprès des fidèles pour recueillir des offrandes (essentiellement de la nourriture) aux cérémonies rituelles du soir, en passant par les travaux divers qui ponctuent la journée et les moments de méditation, la série présentée ici propose un condensé de la journée des moines. Elle se divise elle-même en 3 parties relativement distinctes : la tournée du matin, par laquelle débute inlassablement la journée, les moments de détente, de petits travaux quotidiens, de méditation et les cérémonies rituelles. Les première et dernière photos se répondent, se font l’écho l’une de l’autre, de façon à ce que l’ensemble de la série fonctionne comme un cycle et rappelle ainsi le processus des réincarnations.

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